Vous êtes proche aidant.

Vous accompagnez un parent, un conjoint, un enfant, un frère, une sœur ou un ami. Ici, vous trouverez des repères pour mieux comprendre ce que vous vivez et des pratiques pour préserver progressivement votre équilibre.

On ne dit pas toujours que l’on est proche aidant.

Au début, on fait simplement ce qui semble naturel : accompagner une personne qui en a besoin. On s’adapte à la situation, on fait de son mieux et l’on avance, un jour après l’autre.

Puis, sans vraiment s’apercevoir, les habitudes s’installent. Les rendez-vous, les démarches, les inquiétudes et les imprévus prennent de plus en plus de place. On reporte ce que l’on avait prévu pour soi, en se disant que l’on verra plus tard.

Prendre conscience de ce que vous vivez ne remet pas en question votre engagement. C’est simplement une première étape pour préserver vos ressources et continuer à accompagner votre proche dans la durée.

Une présence précieuse, qui demande beaucoup.

Chaque situation est unique. Lorsque l’accompagnement s’inscrit dans la durée,
certaines difficultés et certains ressentis reviennent souvent.

01

Vous avez le sentiment de devoir toujours tenir.

02

Vous culpabilisez dès que vous pensez un peu à vous.

03

Votre cerveau reste en veille, même quand tout est calme.

04

Vous ne savez plus vraiment comment récupérer.

05

Vous avez du mal à accepter une aide extérieure.

06

Vous craignez d’avoir perdu une part de vos ressources.

Mettre des mots, retrouver un peu de souffle.

Ouvrez chaque repère à votre rythme. Il n’y a rien à réussir : seulement des
pistes pour porter un regard plus doux sur ce que vous traversez.

Repère n°1 - Mieux comprendre ce que je vis

Au début, on ne se dit pas que l’on est proche aidant. On fait simplement ce qui semble naturel : accompagner un parent, un conjoint, un enfant, un frère, une sœur ou un ami qui en a besoin. On s’adapte à la situation, on fait de son mieux et l’on avance, un jour après l’autre.

Puis, sans vraiment s’en apercevoir, les habitudes s’installent. Les rendez-vous, les démarches, les inquiétudes, les imprévus prennent de plus en plus de place. On reporte ce que l’on avait prévu pour soi, en se disant que l’on verra plus tard. Et ce « plus tard » finit parfois par devenir une façon de vivre.

Quand on est proche aidant, on apprend souvent à faire passer les besoins de l’autre avant les siens. Au début, cela semble naturel. Puis, sans vraiment s’en apercevoir, on finit parfois par s’oublier un peu.

Cela ne signifie pas que l’on est faible, ni que l’on accompagne mal son proche. C’est souvent la conséquence d’un engagement qui dure, d’une adaptation permanente et d’une attention tournée presque exclusivement vers l’autre.

Peut-être vous reconnaîtrez-vous…

● Vous avez du mal à vous accorder du temps.
● Vous vous dites souvent : « Je verrai plus tard. »
● Vous avez l’impression de devoir toujours tenir.
● Vous culpabilisez lorsque vous prenez un peu de temps pour vous.
● Vous êtes fatigué(e), mais vous continuez malgré tout.
● Vous aimeriez souffler… sans vraiment savoir comment.

Si plusieurs de ces situations vous parlent, vous n’êtes pas seul(e). Beaucoup de proches aidants vivent cette réalité. Les reconnaître permet souvent de comprendre qu’il est possible de prendre aussi en compte ses propres besoins, sans renoncer à ceux de son proche.

Au fil de mes accompagnements

Au fil de mes accompagnements, j’entends souvent :

« Je pensais que c’était normal d’être fatigué. »

« Je ne savais pas comment faire autrement. »

Ces mots reviennent régulièrement. Ils me rappellent que beaucoup de proches aidants s’habituent peu à peu à vivre avec une fatigue qui s’installe, jusqu’à ne plus vraiment la remarquer.

Pourtant, il n’est pas nécessaire d’attendre d’être complètement épuisé pour commencer à prendre aussi en compte ses propres besoins. Quelques minutes de récupération, lorsqu’elles deviennent régulières, peuvent déjà contribuer à préserver son équilibre.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…vous poser une seule question :

« De quoi ai-je besoin aujourd’hui pour récupérer un peu ? »

Il ne s’agit pas de tout changer.

Il s’agit simplement de vous accorder quelques instants pour vous, sans culpabiliser.

Et demain ?

Vous n’avez pas besoin de tout découvrir aujourd’hui.

Lorsque vous en ressentirez le besoin, vous pourrez revenir explorer un autre Repère, à votre rythme.

Chaque petit pas compte.

Repère n°2 - Pourquoi est-ce que je culpabilise dès que je pense à moi ?

Il est fréquent que les proches aidants ressentent de la culpabilité dès qu’ils envisagent de prendre un peu de temps pour eux. Comme si quelques minutes de repos, une promenade ou une activité agréable étaient du temps retiré à leur proche.

Au fil de mes accompagnements, j’aime souvent revenir à la racine du mot culpabilité.

Coupable… mais coupable de quoi ?

D’avoir pris dix minutes pour souffler ?

D’avoir accepté de l’aide ?

D’avoir pris le temps de déjeuner tranquillement ou d’aller marcher quelques instants ?

Poser la question permet souvent de prendre un peu de recul.

Prendre soin de soi n’est pas un acte d’égoïsme. C’est un acte d’amour et de respect envers soi-même. C’est aussi un acte d’amour et de respect envers son proche, qui a besoin d’une personne capable de l’accompagner dans la durée.

Autrement dit, prendre soin de soi n’est pas s’éloigner de son proche. C’est préserver ce qui permet de continuer à être présent pour lui.

Au fil de mes accompagnements

J’entends souvent cette phrase :

« J’ai l’impression de penser à moi avant lui… alors que je prends simplement dix minutes pour souffler. »

Lorsque nous prenons le temps d’en parler, beaucoup de proches aidants réalisent qu’ils ne font pas moins pour leur proche. Ils apprennent simplement à prendre aussi en compte leurs propres besoins.

Et c’est souvent à ce moment-là que la culpabilité commence à laisser un peu de place à une autre idée :

Prendre soin de soi est un acte de responsabilité et de bienveillance, pour soi comme pour son proche.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…vous poser cette question :

« Si une personne que j’aime vivait la même situation que moi, est-ce que je lui conseillerais de ne jamais prendre soin d’elle ? »

La réponse est souvent plus bienveillante que celle que l’on s’adresse à soi-même.

Repère n°3 - Pourquoi ai-je l’impression de devoir toujours tenir ?

« Je tiens… mais je suis fatigué(e). »

C’est une phrase que j’entends souvent.

Lorsque l’on accompagne un proche, on mobilise énormément son énergie. On s’adapte, on anticipe, on trouve des solutions. Petit à petit, on finit par fonctionner presque uniquement grâce au mental.

Le mental est précieux. Il nous aide à faire face.

Mais lorsqu’il prend toute la place, il peut aussi nous amener à devenir plus rigide. On continue d’avancer, on repousse ses limites et l’on oublie parfois que notre corps, lui, a besoin de récupérer.

J’aime souvent prendre l’image d’un sportif de haut niveau.

Personne n’imaginerait qu’un sportif participe à une compétition tous les jours. Son entraînement alterne des temps d’effort, des temps de récupération et des temps de préparation. C’est justement cet équilibre qui lui permet de durer et d’éviter la blessure.

Pour un proche aidant, c’est un peu la même chose.

Prendre régulièrement quelques moments pour récupérer n’est pas un signe de faiblesse. C’est une manière de préserver ses capacités d’adaptation et de continuer à accompagner son proche dans la durée.

Au fil de mes accompagnements

Lorsque je demande :

« À quand remonte la dernière fois où vous avez vraiment récupéré ? »

Il y a souvent un silence.

Puis la réponse arrive :

« Je ne sais pas… »

Ce silence en dit souvent beaucoup.

Il rappelle que l’on peut tenir longtemps… sans pour autant récupérer.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…vous demander :

« Quel petit moment pourrais-je m’accorder aujourd’hui pour récupérer, même quelques minutes ? »

La récupération n’est pas une récompense.

Elle fait partie de l’équilibre.

Repère n°4 - Pourquoi est-il si difficile d’accepter une aide extérieure ?

« Je vais encore me débrouiller seul(e). »

C’est une phrase que j’entends souvent.

Pour beaucoup de proches aidants, accepter une aide extérieure n’est pas toujours facile. On a parfois le sentiment que l’on doit tout assumer, que l’on est le mieux placé pour accompagner son proche ou que personne ne pourra faire « comme nous ».

Avec le temps, cette manière de fonctionner peut devenir une habitude. On reporte les solutions à plus tard, en se disant que l’on tiendra encore un peu.

Pourtant, accepter une aide extérieure ne signifie pas que l’on renonce à son rôle de proche aidant. C’est reconnaître qu’accompagner une personne dans la durée ne devrait jamais reposer sur une seule personne.

Au fil de mes accompagnements

Je rencontre souvent des aidants qui découvrent, parfois très tard, qu’il existe des solutions près de chez eux.

Des plateformes de répit, des associations, des assistants sociaux, des psychologues, des séjours de répit, des dispositifs proposés par certaines mutuelles ou encore des applications dédiées aux aidants.

Ces aides extérieures existent. Elles sont pourtant encore trop souvent méconnues ou l’on pense qu’elles seront utiles… plus tard.

Or, attendre trop longtemps avant d’accepter un relais ou une aide extérieure peut avoir des conséquences pour chacun.

L’aidant risque de s’épuiser progressivement.

L’aidé, de son côté, peut finir par penser que seule la présence de son proche est rassurante. Plus cette habitude s’installe, plus il peut devenir difficile d’accepter qu’une autre personne intervienne. Cette transition peut alors être vécue comme une source d’inquiétude ou d’insécurité.

C’est pourquoi il est souvent plus facile d’intégrer progressivement des aides extérieures, avant que la situation ne devienne trop difficile. Elles ne remplacent pas le proche aidant. Elles permettent d’élargir le cercle des personnes sur lesquelles il est possible de s’appuyer.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…vous demander :

« Quelle aide extérieure pourrait m’apporter un peu de souffle, aujourd’hui ou dans les semaines qui viennent ? »

Il ne s’agit pas de tout déléguer.

Il s’agit peut-être simplement d’ouvrir une première porte.

🎧 Pratique psychocorporelle — Faire une pause

Et demain ?

Accepter une aide extérieure, ce n’est pas faire moins pour son proche.

C’est permettre à chacun de trouver progressivement un nouvel équilibre, pour que l’accompagnement reste possible dans la durée.

Repère n°5 - Pourquoi est-il parfois difficile de prendre un peu de distance avec ses préoccupations ?

« J’ai l’impression que mon cerveau ne s’arrête jamais. »

Certain(e)s proches aidant(e)s décrivent une charge mentale importante. D’autres parlent de pensées qui tournent en boucle ou de la difficulté à profiter pleinement d’un moment de calme.

Même lorsqu’il n’y a pas d’urgence, il arrive que l’esprit continue à organiser, prévoir, chercher des solutions ou repenser à ce qui s’est passé. À force, il devient parfois difficile de vraiment récupérer.

Toutes les personnes ne vivent pas cela de la même manière. Certaines anticipent beaucoup. D’autres ruminent davantage. D’autres encore ont simplement le sentiment d’être constamment « en veille ».

Quelle que soit la façon dont cela se manifeste, il est parfois difficile de retrouver un véritable temps de pause.

Au fil de mes accompagnements

J’entends souvent des proches aidant(e)s me dire :

« Même lorsque tout est calme, je continue à penser à tout ce qu’il reste à faire. »

Ou encore :

« J’aimerais réussir à mettre mon cerveau sur pause… mais je n’y arrive pas. »

Ces réactions sont fréquentes lorsque l’on accompagne un proche depuis longtemps.

Petit à petit, l’esprit s’habitue à rester mobilisé.

Comme un moteur qui continue de tourner, même lorsque le véhicule est à l’arrêt.

Apprendre à retrouver quelques instants de calme ne consiste pas à arrêter de penser.

Il s’agit plutôt de permettre à son corps et à son esprit de récupérer, ne serait-ce que quelques minutes.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…vous demander :

« Et si, pendant quelques minutes, je n’avais rien à résoudre ? »

Sans chercher à faire le vide.

Simplement en vous accordant un moment où vous n’avez rien d’autre à faire qu’être présent(e).

🎧 Pratique psychocorporelle — Retrouver de la disponibilité

Et demain ?

Le cerveau n’a pas besoin d’être performant en permanence.

Lui aussi a besoin de moments de récupération pour continuer à s’adapter.

Repère n°6 - Pourquoi est-il parfois difficile de garder une place pour soi ?

« J’ai l’impression que tout tourne autour de mon proche. »

Certain(e)s proches aidant(e)s ont le sentiment que leur quotidien s’organise progressivement autour des besoins de leur proche. Les rendez-vous, les démarches, les soins ou les imprévus prennent naturellement de la place, jusqu’à laisser parfois moins d’espace à leurs propres besoins.

D’autres parviennent à préserver des moments pour eux. Chaque situation est différente. Il n’existe pas une seule manière de vivre l’aidance.

Ce qui est important, en revanche, c’est de ne pas perdre de vue que derrière le proche aidant, il y a une personne avec ses besoins, ses envies, ses ressources et son équilibre.

Préserver quelques espaces pour soi ne signifie pas s’éloigner de son proche. C’est prendre soin de la relation qui vous unit.

Au fil de mes accompagnements

Lorsque j’échange avec des proches aidant(e)s, je leur pose parfois cette question :

« Qu’est-ce qui, aujourd’hui, continue à vous faire du bien ? »

Au début, la réponse ne vient pas toujours.

Puis reviennent quelques souvenirs : marcher, jardiner, lire, bricoler, écouter de la musique, partager un café, prendre l’air quelques minutes…

Ces moments peuvent paraître anodins.

Pourtant, ils permettent de retrouver progressivement un équilibre, de reprendre son souffle et de ne pas se résumer uniquement à son rôle d’aidant(e).

J’aime rappeler qu’une relation équilibrée se construit à deux.

Préserver quelques espaces à soi aide à préserver l’équilibre de la relation entre l’aidant(e) et l’aidé(e).

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…vous poser cette question :

« Qu’est-ce qui me ferait du bien aujourd’hui, même si je n’y consacre que quelques minutes ? »

Ces quelques minutes ne sont pas du temps retiré à votre proche.

Elles participent aussi à votre équilibre.

🎧 Pratique psychocorporelle — Retrouver un peu de place pour moi

Et demain ?

Prendre quelques instants pour vous ne change pas seulement votre journée.

Cela contribue aussi à préserver la qualité de la relation que vous entretenez avec votre proche.

Repère n°7 - Pourquoi est-il parfois si difficile de récupérer ?

« J’ai quelques minutes devant moi… mais je n’arrive pas vraiment à en profiter. »

Certain(e)s proches aidant(e)s me disent qu’ils disposent parfois de quelques minutes pour eux. Pourtant, ces instants ne permettent pas toujours de récupérer. Le corps reste tendu, les pensées continuent de tourner ou l’on profite de ce moment pour faire une tâche de plus.

Pourtant, la récupération fait partie du fonctionnement naturel du vivant.

Nous inspirons pour apporter de l’oxygène à notre organisme et nous expirons pour éliminer ce dont il n’a plus besoin. Après un effort, un sportif alterne entraînement et récupération pour éviter les blessures. Le jour succède à la nuit, les saisons se succèdent… la nature fonctionne par cycles.

Pourquoi en serait-il autrement pour nous ?

Au fil de mes accompagnements

J’entends parfois :

« Je ne sais plus me poser. »

Lorsque le stress dure depuis longtemps, récupérer ne devient pas toujours naturel.

Les pratiques psychocorporelles sont un peu comme une rééducation. Elles permettent de réapprendre progressivement à récupérer. Au début, cela demande un peu d’attention. Puis, à force de pratiquer, cela devient plus simple et plus naturel.

Comme pour toute rééducation, ce ne sont pas les grands efforts qui font la différence.

Ce sont les petits gestes répétés.

Les petites routines.

Les quelques minutes que l’on s’autorise, sans culpabiliser.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…considérer la récupération comme un besoin naturel plutôt que comme une récompense.

Commencez simplement par quelques minutes.

La régularité est souvent plus importante que la durée.

🎧 Pratique psychocorporelle — M’accorder un moment de répit

Et demain ?

La récupération ne vous éloigne pas de votre proche.

Elle vous aide à préserver vos capacités d’adaptation pour continuer à l’accompagner dans la durée.

Repère n°8 - Pourquoi ai-je parfois le sentiment d’être égoïste lorsque je prends du temps pour moi ?

« J’ai l’impression d’être égoïste d’être ici… »

C’est une phrase que j’entends parfois au début des séjours de répit.

Au moment de quitter leur proche, certain(e)s aidant(e)s me confient qu’ils se demandent s’ils ont eu raison de venir. Ils pensent à leur proche, s’interrogent sur la façon dont il va vivre cette séparation et éprouvent parfois le sentiment d’être égoïstes d’avoir accepté quelques jours pour eux.

Ce sentiment est compréhensible.

Lorsqu’on accompagne un proche depuis longtemps, il n’est pas toujours facile de s’autoriser un temps de récupération, même lorsque tout est organisé pour que l’aidé(e) soit accompagné(e) dans de bonnes conditions.

Puis, au fil des heures ou des premiers jours, quelque chose évolue. Les aidant(e)s s’autorisent progressivement à souffler, à récupérer, à échanger avec d’autres personnes qui vivent des situations proches de la leur et à prendre un peu de recul sur leur quotidien.

Ils découvrent qu’il est possible de penser aussi à eux, sans renoncer à leur engagement auprès de leur proche.

Au fil de mes accompagnements

À ce moment-là, j’aime souvent poser une question.

Égoïste… mais égoïste de quoi ?

D’avoir accepté quelques jours pour récupérer ?

De revenir avec davantage d’énergie ?

De préserver votre santé pour continuer à accompagner votre proche ?

Cette question permet souvent de porter un autre regard sur la situation.

Prendre du temps pour soi est un acte de bienveillance envers soi-même.

C’est aussi un acte de bienveillance envers l’aidé(e), qui a besoin d’un proche aidant capable de l’accompagner dans la durée.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…accueillir un moment agréable sans avoir à vous en vouloir.

Ces moments de récupération ne sont pas du temps perdu.

Ils participent à votre équilibre et à celui de la relation avec votre proche.

🎧 Pratique psychocorporelle — Me donner un temps pour souffler

Et demain ?

S’autoriser à récupérer, même quelques heures ou quelques jours, c’est choisir de préserver ses ressources pour continuer à accompagner son proche dans la durée.

Repère n°9 - Pourquoi est-il parfois utile de revenir à l’essentiel ?

« J’ai l’impression que tout est important… et que je n’aurai jamais le temps de tout faire. »

Lorsque l’on accompagne un proche, les journées peuvent rapidement se remplir. Les rendez-vous, les démarches, les imprévus et les préoccupations s’enchaînent, au point de donner parfois l’impression que tout est urgent.

Dans ces moments-là, il devient difficile de faire des choix. On aimerait tout faire, tout gérer, tout anticiper… et l’on termine parfois la journée avec le sentiment de ne pas en avoir fait assez.

Pourtant, vouloir tout porter en même temps revient souvent à « charger la mule » plus qu’elle ne peut raisonnablement porter.

Et personne ne peut avancer longtemps dans ces conditions.

Au fil de mes accompagnements

J’invite parfois les proches aidant(e)s à choisir un moment de la journée où ils se sentent un peu plus disponibles : au réveil, après une pratique psychocorporelle, pendant une pause ou simplement lorsque la tension est un peu redescendue.

Je leur propose alors de se poser une seule question :

« Aujourd’hui, qu’est-ce qui est vraiment essentiel ? »

Une seule réponse suffit.

Cet exercice n’a pas pour objectif d’en faire davantage.

Il permet simplement de remettre un peu de clarté lorsque tout semble avoir la même importance.

Très souvent, cela aide aussi à accepter qu’il ne soit ni possible, ni réaliste, de tout faire dans une seule journée.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…choisir un moment calme pour vous poser cette question.

Puis accepter que ce qui ne sera pas fait aujourd’hui pourra, lorsque c’est possible, attendre demain.

S’autoriser à ne pas tout faire, c’est aussi prendre soin de son équilibre.

Et demain ?

Revenir à l’essentiel ne consiste pas à faire plus.

C’est parfois accepter de faire moins… mais de le faire avec davantage de sérénité.

Repère n°10 - Remobiliser ses ressources

« J’ai parfois l’impression que je ne serai plus jamais comme avant. »

Certain(e)s proches aidant(e)s me confient qu’ils ont le sentiment d’avoir changé. Ils se sentent plus fatigués, plus sensibles, parfois moins patients ou moins disponibles qu’auparavant.

Lorsque le stress, les responsabilités et les préoccupations s’installent dans la durée, il est naturel que nos capacités d’adaptation se fragilisent progressivement.

Cela ne signifie pas qu’elles ont disparu.

Comme un arbre qui traverse les saisons, nous traversons nous aussi des périodes où nous mobilisons davantage nos ressources. L’hiver ne fait pas disparaître l’arbre. Il prépare simplement le printemps.

Il peut en être de même pour chacun d’entre nous.

Au fil de mes accompagnements

J’observe qu’à mesure que les proches aidant(e)s retrouvent des temps de récupération, prennent davantage en compte leurs propres besoins et s’autorisent à accepter une aide extérieure, quelque chose évolue.

Ils ne changent pas de personnalité.

Ils découvrent que leurs ressources étaient toujours présentes, mais qu’elles avaient besoin de retrouver des conditions favorables pour pouvoir s’exprimer à nouveau.

Aujourd’hui, vous pouvez peut-être vous autoriser à…

…croire que vos ressources ne vous ont peut-être pas quitté.

Elles ont parfois simplement besoin de temps, d’attention, de récupération, d’un peu d’entraînement… et parfois aussi d’une aide extérieure.

Comme un muscle que l’on rééduque progressivement, nos capacités d’adaptation peuvent, elles aussi, être remobilisées.

🎧 Pratique psychocorporelle — Retrouver un peu d’élan

Et demain ?

Accompagner un proche est un chemin.

Prendre aussi en compte vos propres besoins en fait partie.

C’est ainsi que vous pourrez continuer à avancer, avec davantage de souplesse, d’équilibre… en dévoilant progressivement des capacités qui étaient déjà là.

Ne pas rester seul face à la situation.

Vous retrouverez dans cette rubrique des informations sur les plateformes de répit, les associations, les séjours de répit, les aides extérieures et les partenaires susceptibles de vous accompagner selon votre situation.

Vous avez aussi le droit d’être accompagné(e).

Prendre soin de vous ne diminue pas la place que vous accordez à votre proche.
Cela permet de préserver ce qui vous aide à rester présent(e), dans la durée.